Exiger le service maximum plutôt qu’un minimum garanti
La droite et le Medef en vibrent d’enthousiasme : dès cet été, une loi imposerait l’organisation d’un service minimum
En cas de grève dans les transports en commun. Une grève n’est jamais une partie de plaisir ni pour ceux qui la font ni pour ceux qui la subissent. Mais en la matière, ce nouveau SMiG pourrait se révéler un piège redoutable. D’abord en déresponsabilisant les directions des entreprises concernées en matière de dialogue social avec ce que cela comporte comme risque de multiplication des situations conflictuelles. Ensuite en entérinant le fait que le service public au rabais fait déjà partie du quotidien. Comme les cheminots, les utilisateurs des lignes C et D du RER en savent quelque chose. Et les dysfonctionnements à répétition auxquels ils se heurtent n’ont pas les grèves pour origine mais l’insuffisance chronique des investissements de l’Etat dans les infrastructures ferroviaires de banlieue et dans le matériel roulant comme dans l’emploi. La rupture, la vraie, consisterait donc à voir dès cet été l’Etat soutenir l’effort sans précédent engagé en ce domaine par le Conseil régional d’Ile-de-France.