Attention danger Le jeu de la séduction
Depuis la veille de son investiture, Nicolas Sarkozy déploie avec plus d’habileté que jamais ses talents de démagogue.
Candidat, il n’a eu de cesse de proclamer : « Je ferai ce que je dis ». Il a promis que tout un chacun pourrait à sa convenance faire ou ne pas faire des heures supplémentaires (qui a jamais vu cela dans une entreprise !). Il a surtout promis que les employeurs ne payeraient pas de cotisations sociales sur ces heures : un encouragement à faire suer le burnous plutôt que d’embaucher. Il a promis de mettre en cause le droit de grève. Il a promis de réduire massivement le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant qu’un départ sur deux à la retraite. Il a promis que se soigner coûtera plus cher avec l’instauration d’une franchise annuelle. Il a promis la mise en concurrence des établissements scolaires et des universités. Il a promis une nouvelle réforme drastique des retraites et l’allongement de la vie professionnelle au-delà de 65 ans. Il a promis de nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises et aux plus riches. Il a promis la mise en vente des logements sociaux.
Depuis le 14 mai, il est tout miel. Il n’est plus question que d’ouverture, de dialogue social, de négociations… C’est que rien ne peut se mettre réellement route avant l’élection de l’Assemblée Nationale. Poursuivant sa stratégie, le nouveau président et son gouvernement n’ont pour l’heure qu’un objectif : construire l’Etat Sarkozy, écraser toute opposition, avoir les mains libres pour demain mettre en œuvre ce qu’il a promis, fusse en brutalisant la société.