Pour le droit de mourir dans la dignité

Publié le par Nadine Luc et Jean-Jacques Porcheron

main-vieille-pers.jpgNadine Luc et Jean-Jacques Porcheron, sollicité par l'Association pour le droit de mourir dans la dignié (ADMD) ont ecrit :



J’ai lu avec beaucoup d’attention le dossier relatif au combat mené par l’ADMD pour la reconnaissance du droit à l’obtention d’une aide active à mourir que vous m’avez adressé. Je vous en remercie.

 La question que vous soulevez revêt une importance toute particulière, puisqu’elle touche à la liberté de chacun d’entre nous de décider du moment et des moyens de sa propre fin et de l’imposer à ses proches et à la société.

 Tout comme vous, le statu quo auquel s’est résolu le Parlement français à l’occasion de l’examen de la loi Léonetti, ne peut me satisfaire. Il est en effet terrible de constater qu’aujourd’hui encore, une personne dans la situation qui a été celle de Vincent Humbert, pour mettre un terme à sa vie qu’elle ne juge plus digne d’être vécue et alors qu’elle ne peut espérer aucune amélioration de son état de santé, n’a pour seule alternative que de mourir d’inanition.

 J’estime qu’il est indigne que la loi se cantonne à proposer à ceux qui sont atteints d’un handicap ou d’une maladie d’une particulière gravité, irréversibles ou incurables, et qui souhaitent abréger leur existence, le seul choix d’une agonie parfois longue et cruelle.

 En outre, la volonté du législateur de maintenir à tout prix le principe de la sacralité de la vie est intenable. Elle aboutit même à entretenir des contradictions profondément malsaines, puisqu’il faut en définitive compter sur la violation de la législation sur l’euthanasie pour rendre la situation humainement et socialement supportable.

 Enfin, je constate que notre législation ne répond, ni au consensus social autour d’une aide à mourir qui s’est développé en France depuis une vingtaine d’années, ni aux pratiques médicales qui ont cours dans nos services de réanimation.

 Voici les raisons pour lesquelles, si un texte de loi visant à permettre aux personnes de choisir les moyens de leur propre mort, sous contrôle médical et dans le plus strict respect de leur volonté, est présenté devant le Parlement, je figurerai parmi les parlementaires qui contribueront à son adoption.

 Je vous prie de croire, Madame, en l’expression de ma considération distinguée.

 
Nadine Luc     
Jean-Jacques Porcheron                                                              

 

Publié dans Opinions

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