A propos des essais nucléaires

Publié le par Nadine Luc

champignon-nucl--aire.jpgLes graves conséquences sur la santé et l’environnement des essais nucléaires pratiqués par notre pays de 1960 à 1966 en Algérie, puis jusqu’en 1996 en Polynésie française, sont un sujet qui me préoccupe.

L’arrêt des essais nucléaires de la France et dans le monde fait partie de mes engagements politiques avec l’exigence du désarmement et du combat pour la paix qui est aussi celui de bien d’autres forces politiques et sociales. C’est un combat qui est loin d’être terminé. Je pense en particulier à ce que l’on appelle les essais en laboratoire. Il s’agit d’un programme dont je demande aussi l’arrêt.

 

Comme candidate à la députation, je partage pleinement le contenu des différentes propositions de loi déposée sur ce sujet par les groupes communistes de l’Assemblée Nationale et du Sénat. La première d’entre elles, relative « au suivi sanitaire des essais nucléaires français » date ainsi du mois de novembre 2002.

Les deux dernières, qui précisent quelques mesures contenues dans celle-ci, ont été déposées au Sénat en janvier et février 2007. l’une concerne plus particulièrement les vétérans des essais nucléaires puisqu’elle modifie « certaines dispositions du code des pensions militaire d’invalidité et des victimes de la guerre sur le délai de présomption d’imputabilité applicable aux maladies radio-induites », l’autre détaille la création « d’un fonds d’indemnisation des préjudices causés par les essais nucléaires pratiqués en Algérie et en Polynésie française ».

 

Par ailleurs, la sénatrice Hélène Luc a été à l’origine de plusieurs initiatives pour soutenir vos revendications et contribuer à la prise de conscience du Parlement, tant sur l’impact réel des essais nucléaires que sur la légitimité et la nécessité d’une indemnisation des victimes.

 

Ces différentes prises de position répondent, je le crois, à certaines de vos questions.

Je vous apporte donc bien volontiers les précisions suivantes :

 

1. je pense effectivement légitime et nécessaire que le nouveau Président de la République assume officiellement et solennellement, au nom de l’Etat, les conséquences d’actes politiques décidés par ses prédécesseurs.

Puisqu’il est avéré que nos essais nucléaires ont eu des effets négatifs, tant sur la santé de ceux qui y ont participé que sur l’environnement, je m’engage donc à le faire reconnaître, mais aussi et surtout, à faire prendre par le gouvernement les mesures d’indemnisation pour les victimes de réparation des dommages causés à l’environnement.

 

Mais pour cela il est impératif que la vérité soit dite et que toute la transparence soit faite sur la réalité de nos essais nucléaires. Un premier pas avait été fait dans ce sens puisqu’à la question d’Hélène Luc, l’ancienne ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, avait accepté de lever partiellement le « secret défense » sur certaines données et sur certaines archives afin de permettre à des chercheurs de réaliser des études médicales et scientifiques.

 

Malheureusement, la décision du nouveau gouvernement de la Polynésie française, proche de l’actuelle majorité, de supprimer l’organisme de recherche de la vérité et de dialogue entre toutes les parties qu’était le COSCEN (Conseil d’Orientation sur le suivi des conséquences des essais nucléaires) met en cause le fructueux travail entrepris jusqu’ici.

 

De même, le récent rapport publié par le ministère de la Défense sur les « essais nucléaires et leur suivi au Sahara » qui tend à nier tout effet négatif sur les hommes et l’environnement, ne semble pas vraiment indiquer une réelle volonté de faire toute la lumière.

 

2. cette disposition est contenue dans les différentes propositions de loi déposées par les parlementaires communistes. Je souhaite donc que le Premier ministre l’inscrive rapidement, une fois la nouvelle assemblée élue, à l’ordre du jour du Parlement.

Publié dans Opinions

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